Des médicaments vendus uniquement par des pharmaciens

Lors d’un précédent article, nous avons vu que les pharmacies en ligne ne pouvaient vendre que des médicaments ne nécessitant pas d’ordonnance. Nous avions brièvement évoqué le fait qu’en plus, ces médicaments sans ordonnance ne peuvent être vendus en ligne que par des pharmaciens. C’est donc sur ce dernier point que nous revenons dans cet article. D’autant qu’au départ, la première proposition de loi autorisait un plus large panel de revendeurs.

Quand les pharmaciens font pression

On comprend parfaitement que la vente de médicaments soit réglementée. Cela évite les excès, la contrefaçon, le trafic, ou l’accès à des médicaments pouvant être dangereux ou utilisés comme des drogues. D’ailleurs il est tout à fait normal que n’importe qui ne puisse pas vendre des médicaments en ligne et que seuls certains revendeurs peuvent le faire. C’est ce qui était prévu au départ dans l’ordonnance du 19 décembre 2012. Elle autorisait la vente de médicaments sans ordonnance sous certaines conditions. Plusieurs revendeurs possibles étaient autorisés comme par exemple les enseignes de la grande distribution ou certaines personnes répondant à des critères précis.

Cependant, les pharmaciens, par l’intermédiaire de l’Ordre national des pharmaciens, n’ont pas trouvé cela suffisant et ils ont rapidement réagi. L’objectif étant que seuls les pharmaciens aient le droit de vendre des médicaments en ligne. Ils ont finalement obtenu gain de cause et dans l’ordonnance du 1er janvier 2013 il est bien précisé que la vente en ligne de médicaments sans ordonnance peut se faire uniquement par des pharmaciens.

Bien sûr, il est compréhensible que les pharmaciens se sentant menacés par le développement de la vente en ligne de médicaments veuillent en être les seuls revendeurs autorisés. Cependant, on parle là de médicaments sans ordonnance que l’on peut se procurer dans n’importe quelle pharmacie sans que personne ne vérifie si on en a besoin. Peut-être aurait-il mieux valu redéfinir les médicaments sans ordonnance plutôt que de totalement interdire la vente de certains produits classés parmi ces derniers et qui ne représentent pas de réel danger. C’est un peu le même procédé qui empêche les enseignes de la grande distribution de vendre des médicaments sans ordonnance dans leurs magasins.